Explorateur des nouvelles mobilités
28 > 31 MARS 2019

Les bateaux volants de Seabubbles, taxis du futur?

inOut 2019

Après les navettes autonomes et les taxis aéronefs, les Bubbles se taillent un nom dans la faune des véhicules urbains du futur en cours de développement. Stars du salon Vivatech en mai 2018, ces “bateaux-taxis” volants et leur docks dopés aux énergies renouvelables font rêver les spécialistes des mobilités.

Zéro vague, zéro émission, zéro bruit. Le Suédois Anders Bringdal et le Français Alain Thébault savent soigner la promesse de leur invention, la Bubble. Les Parisiens ont pu l’apercevoir sur la Seine pour quelques-uns de ses essais au printemps dernier, les Lyonnais l’ont vu aussi voler à l’été 2017 et les Genevois traverser le Lac Léman. A sa vitesse de croisière, la Bubble vole à 40 cm au-dessus de l’eau, grâce à ses foils, des ailes portantes fixées à la coque du bateau et qui permettent de soulever l’embarcation, pour réduire le frottement avec l’eau. Deux moteurs électriques sont fixés aux foils arrières pour propulser la Bubble. Avec 4 places passagers pour le moment, 5 lorsque le véhicule sera totalement autonome, elle est un bateau-taxi propre, qui emprunte son design à la fois aux industries navale, automobile et aéronautique - rien que ça. Une vingtaine de véhicules étaient ouverts à la pré-commande en mai 2018 (à 140 000 euros pièce) et la marque annonçait sur Twitter le lancement de la production en série des premières Bubbles le 28 octobre 2018. Un sacré chemin parcouru pour la start-up Seabubbles, fondée en 2016 seulement.

 

Inventeurs, navigateurs, start-upers

C’est qu’Alain Thébault et Anders Bringdal font voler les bateaux depuis bien plus longtemps. Le premier, skipper et architecte naval, a travaillé aux côtés du navigateur Eric Tabarly pour créer, dès 1995, un multicoque à voile équipé d’hydrofoils. A l’époque, le skipper est en quête de vitesse. L’Hydroptère sera le premier bateau de sa catégorie à atteindre les 100 km/h. Anders Bringdal, champion du monde de planche à voile, a partagé plusieurs des traversées d’Alain Thébault sur l’Hydroptère.

 

Bulle écolo

A l’origine de la start-up, une préoccupation environnementale : l’envie de transformer la mobilité en réinvestissant les cours d’eau en coeur de ville. Paris, Hong-Kong, Venise, New-York sont potentiellement toutes concernées, tant pour un usage touristique, que pour créer une offre de mobilité urbaine nouvelle, à côté des autres solutions de transports existantes. A la bubble-taxi s’ajoutent des docks, auxquelles les bubbles peuvent venir s’amarrer automatiquement et où elles rechargeront leurs batteries. Objectif : que les docks soient eux-mêmes autonomes, grâce aux énergies renouvelables (panneaux photovoltaïques, hydroliennes et éoliennes seront combinés). Enfin, une application mobile complète le dispositif, pour permettre aux utilisateurs de géolocaliser et de réserver les bubbles les plus proches depuis leurs smartphones.

 

 

Des Bubbles à Paris en 2019 ?

C’est donc tout un écosystème de transports propres en milieu urbain dense que Seabubbles propose, comme une alternative au transport carboné. Seul bémol, pour le moment, les réglementations de navigation sur les cours d’eau en milieu urbain. A Paris, par exemple, impossible de naviguer à plus de 18 km/h. Or, pour voler à sa vitesse de croisière, la Bubble doit atteindre 22 km/h, même si elle commence à “décoller” dès 13 km/h. Cette dernière limite semble en passe d’être levée, puisque l’entreprise aurait obtenu un accord de principe de la part des autorités pour libérer les vitesses de navigation sur la Seine. 15 à 20 Bubbles pourraient donc réaliser leurs premiers “vols” commerciaux sur la Seine, au printemps 2019 selon la start-up, qui imagine notamment une ligne Trocadéro-Gare de Lyon. Le prix du trajet, a priori, serait équivalent à celui d’une course en taxi.

Alain Thébault et Anders Bringdal n’entendent pas s’arrêter là. Quand on sait la Bubble capable de relier les deux rives du lac Léman en 8 minutes, contre environ une heure par la route, on imagine tout son potentiel. Sur son site internet, Seabubble affiche la couleur : “Où serons-nous dans cinq ans : nous serons installés dans 50 villes, parfaitement intégrés dans les systèmes de transport urbain, et naturellement associés à la vie quotidienne des citadins. Et si nous réussissons aussi à inspirer d’autres personnes à utiliser les cours d’eau alors ce sera un énorme progrès pour les villes, tout autour du monde.” Le rendez-vous est pris .

 

Crédits photo : Seabubbles

 

14/12/2018

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